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Extraits sur le couple et l'amour




Extraits sur le Couple et l'Amour









* Ce que je ne sais pas, tu le sais pour moi ; ce que tu ne sais pas, je le sais pour toi ; et c'est parce que nous nous aimons, que nous y avons accés. 


* La vraie aventure de la vie, le défi clair et haut n'est pas de fuir l'engagement mais de l'oser. Libre n'est pas celui qui refuse de s'engager. Libre est sans doute celui qui ayant regardé en face la nature de l'amour, ses abîmes, ses passages à vide et ses jubilations sans illusions, se met en marche, décidé à en vivre coûte que coûte l'odyssée, à n'en refuser ni les naufrages, ni le sacre, prêt à perdre plus qu'il ne croyait posséder et prêt à gagner pour finir ce qui n'est côté à aucune bourse : la promesse tenue, l'engagement honoré dans la traversée sans feintes d'une vie d'Homme.


* On ne peut pas nier que le non-engagement ait ses délices , et qu'il serait dommage de ne pas les avoir goûtées. Mais si les papillonnages, éparpillements, voltiges et voltes ont leur magie, ils ont aussi leur temps.


* Trop longtemps pratiqué, le non-engagement (en amour, en métier, en chemin de vie) rend léger, de plus en plus léger, inconsistant. Les graines que le vent emporte finissent par se prendre aux branches, aux buissons et par y pourrir. Seules celles qui, par on ne sait quel phénomène, se sont faites lourdes et tombent au sol s'y enfoncent et germent.


* Mais que le piège puisse aussi s'appeler 'liberté', qui le soupçonne encore? Lorsqu'elle est bafouée et victime d'un malentendu, lorsqu'elle est comprise comme l'abrogation de toute obligation, de tout engagement, de toute relation profonde, la pseudo-liberté mène droit à l'entropie, au désenchantement et à la mort. Seule la puissance des limites fait que l'esprit se cabre, s'enflamme, s'élève au dessus de lui-même.


* A se contenter trop longtemps de relations amoureuses sans lien et sans obligation réciproque, l'âme s'étiole.


* Ce qui rend le mariage si fort et si indestructible, c'est qu'il réunit un homme et une femme autour d'un projet. D'un projet fou. Souvent voué à l'infortune. D'un défi quasi impossible à réaliser et impérieux à oser. Le drame serait de ne pas tenter l'impossible, de rester, une vie entière, à la mesure de ce que l'on peut.


* A mêler leurs souffles et leurs corps, l'homme et la femme se livrent l'un à l'autre - corps et âmes - au delà et en deça de tout ce qu'ils peuvent imaginer.


* Ce qui rend le mariage si lumineux et si cruellement thérapeutique, c'est qu'il est la seule relation qui mette véritablement au travail. Toutes les autres relations aventureuses et amicales permettent les délices de la feinte, de l'esquive, de la volte-face et de l'enjouement.


* A partir de cette authenticité qui provoque, écorche et dérange, le chemin mène au mystère de l'être.


* Les épreuves ne sont pas en mariage, le signe qu'il faut clore l'aventure mais souvent , bien au contraire, qu'il devient passionnant de la poursuivre.


* Je n'ignore pas que certaines unions sont des débâcles, des terres brûlées, des no man's land et que chaque histoire a une unicité devant laquelle il faut s'incliner. Il peut même advenir que le courage de la rupture soit le geste salvateur !


* Une promenade hier à travers le verger m'éclaire. C'est l'hiver et tous les arbre fruitiers sont plus semblables à de grands balais de bruyère, le manche fiché au sol, qu'à ce que nos yeux nomment un arbre. Celui qui céderait à la logique des sens , à l'impulsion d'un robuste réalisme constaterait que la vie a quitté ces arbres et donnerait l'ordre de les abattre. Il n'apprendrait jamais que les lois de la nature ont prévu quelque chose d'invraisemblable, de déraisonnable et d'inespéré, connu sous le nom de 'printemps' - et que ces arbres morts vont un jour proche se couvrir de bourgeons , de feuillles et de fleurs. Personne ne m'ôtera de l'esprit qu'il en est ainsi des relations qui nous unissent et que nous scions à la base parce que nous les croyons mortes. Cinq jours de patience, un mois - ou vingt ans- et nous aurions assisté à un prodige: la loi rigoureuse du 'meurs et renais'.


* Le mariage ne nous veut pas présentables, il nous veut vivants ! - et il nous fera perdre la face jusqu'à ce que, sous nos masques, apparaissent nos vrais visages.


* L'oeuvre qui t'était confiée n'était pas l'autre, c'était toi! C'était à ton humanité, à ta loyauté que tu étais invité à travailler, pas à celle de l'autre!


* C'est au mille de ton propre coeur que l'archer de la métamorphose s'apprête à lâcher sa flèche.



                               



* La mue qui t'attend est certainement la plus violente des aventures. Il faut avoir vu une libellule s'extraire de sa chrysalide. Il faut l'avoir vue mouillée, engluée, pitoyable, s'arracher à la gaine étroite, en être vomie avec des spasmes d'étranglement. Il faut l'avoir vue grelotter longtemps; naufragée, avant que la voilure détrempée de ses ailes ne séche, ne déploie peu à peu la délicate merveille, la transparence diaphane de l'envolée promise!


* L'amour ne connait qu'un seul but lorsqu'il te rencontre : lui-même.


* Quand une histoire retrace une intiation, il faut avoir beaucoup de patience avec elle parce qu'elle ne le montre pas tout de suite. Elle te laisse là avec ton arsenal de jugements, de questions, de critiques et se tait comme une pierre. Et tu la tiens entre les mains, cette pierre, semblable à tant de pierres, grisâtre, rugueuse. Pas un instant tu ne soupçonnes que tu as entre les mains une géode...


* La lutte contre le mal prend un tour décisif lorsqu'on prend conscience que même le mal contient quelque chose de divin


* Dire: 'Aimer, c'est délivrer l'autre de mes bonnes intentions et de moi-même' paraîtra excessif. Pourtant c'est en me détachant de toi et en m'ancrant en moi que je commence véritablement d'aimer.


* L'énigme qu'est l'Autre recule comme l'horizon à chaque pas que tu fais vers lui. L'Autre est la frontière que la Vie a dressée devant toi, afin que tu ne sois pas perverti par ta toute puissance.


* Chaque rencontre nous réinvente illico , que ce soit celle d'un paysage, d'un objet, d'un arbre, d'un chat, d'un enfant, d'un ami ou d'un inconnu.


* Pareille richesse ne se peut épuiser en une seule relation aussi privilégiée , aussi forte soit-elle. Bien davantage: c'est la plénitude tout à l'entour qui profite à cette union première et la nourrit.


* Si l'un des époux ne supporte pas que l'autre vibre, vive et aime en dehors de sa présence, s'il se met à rêver d'être la seule source de son bonheur, il peut avoir au moins une certitude : celle de devenir trés vite la seule source de son malheur.


* Impossible d'extirper de la vie de l'autre, comme on le ferait de tiques dans le pelage d'un chat, les rencontres qui importent pour lui.


* Chaque rencontre ardente détient une pièce biscornue du puzzle qui finira par me composer et qui, avec la multiplication des pièces disposées, va lentement, dans un dégradé de couleurs, laisser apparaitre les grands contours, les grands thémes de ma destinée. Et ce sont les autres qui me livrent - souvent à leur insu - la clef de mon énigme.


* L'émergence d'une autre relation intense dans la vie d'un couple n'est pas toujours le malheur qui'il faut éviter coûte que coûte. Il arrive que ce soit le grain de sable, l'irritation, qui mette en oeuvre l'activité perlière de l'huître.


* N'a t-il pas touché , dans les errances de l'infidelité, le noyau de la fidelité, le centre lumineux où toute fuite nous ramène?


* Je t'écrivis quelques lettres brûlantes afin que les choses fussent claires et que tu cesses de me chercher où je n'étais pas. Les réponses qui me parvinrent étaient quelque peu torturées. La démesure de ma passion te donnait du  fil à retordre! Mais si mon attitude ne répondait en rien à ton attente , tu eus du moins la grandeur de ne pas m'en faire reproche. Mon intensité et ma sincérité t'inspiraient du respect.  Me sentant acceptée, je pus doucement, tout doucement, lâcher prise.


* Entre le désir profond de se lier, de s'engager corps et âme, et le désir tout aussi profond de préserver sa liberté, d'échapper à tout lien, quel tohu-bohu !
Or pour vivre ces exigences contradictoires et d'égale dignité sans être écartelé, il n'y a aucun secours à attendre ni de la philosophie, ni de la morale, ni d'aucun savoir constitué.
Il est probable que les seuls modèles adaptés pour nous permettre d'avancer sont la haute voltige et l'art du funambule.
Un mariage ne se contracte pas.
Il se danse.
A nos risques et périls.
 
 

                                      




* Trois enfants nous sont nés auxquels j'ai tenté , comme le veut la raison, de ne pas trop m'attacher, car sait-on jamais , dans ces premières années, s'ils survivront ou non. Mais leur drôlerie, leur vivacité et cette grâce qu'ils tiennent de leur mère ont eu raison de ma lucidité : j'en suis fou.
Ne pas leur souhaiter avec ferveur que le pire leur soit épargné m'est quasi impossible. Et pourtant ils connaitront  - si tant est qu'ils vivent -  la joie et la détresse, le ravissement et la terreur, comme tout un chacun, puisque le meilleur et le pire ne sont que le recto et le verso du même. Vouloir leur éviter l'un ou l'autre, c'est rêver que la vie passe à côté d'eux sans les voir, c'est leur refuser d'exister. Vous sentez bien, cher ami, que je n'écris cela que pour m'en convaincre moi-même. Dieu merci, les choses iront leur cours et mes souhaits rejoindront la poussière 


Extraits des livres :
. Eloge du mariage, de l'engagement et autres folies
. Seul ce qui brûle
. Une passion entre ciel et chair
de Christiane Singer


                                

* On ne se débarrasse pas d'un amour comme d'un jouet hors d'usage. 
A le tenter, on ne fait qu'éxacerber la souffrance de la perte, comme si l'on s'amputait soi-même.
Il faut procéder en douceur, de façon progressive, sans se faire violence.
Mettre en place de nouveaux automatismes pour éviter la rumination ou le rêve chimérique de réparation.
Se lancer dans une activité pour désamorcer peu à peu le processus obsessionnel. 
Au début, c'est terriblement difficile mais on y parvient pas à pas, bien qu'on ait l'impression de vider la mer à la petite cuillère. 
Une heure, puis un jour, puis un mois, on parvient à arrêter le manège.
Il ne s'agit pas de tuer l'autre en soi, mais seulement de ne pas être possédé, tourmenté, obnubilé.
Afin de s'autoriser à vivre en son absence, à refuser de mourir à soi-même.


Extrait du livre  J'ai RDV avec moi. Quand la voyance devient thérapie de Eliane Gauthier



 

* L’amour est infaisable.
Jamais le plaisir n’épuisera la coupe du mystère.
L’amour ne rassasie pas, il donne soif.
Deux amants peuvent, dans l’étreinte, trouver un apaisement passager, mais ils sentent bien que le mystère de l’amour et le mystère de l’autre demeurent inentamés.
Aussi auront-ils désir d’à nouveau désirer, enlacer, étreindre.
On ne peut « faire » l’amour, comme on parlerait d’une tâche achevée. Mais on peut le célébrer par l’attente, le silence et le chant, par le regard et l’écriture, par le respect et le tremblement, par le corps enfin.
L’adoration requiert toutes ces étapes de beauté.
C’est la seule attitude possible devant le mystère.
Si j’aime l’autre, je respecte le mystère et la liberté de son « je ».
Je ne débarque pas chez lui, je n’entre pas par effraction dans le secret de son être.
L’amour n’a rien à voir avec l’intrusion : il se tiendrait plutôt sur le seuil, le pas suspendu, le geste esquissé ; il hésite, il contemple, ébloui, l’approche du mystère.
Quand on envisage l’aimé comme l’étranger, l’inouï, l’unique – à la fois solitaire et sans sosie -, on l’approche avec crainte et tremblement. Avec réserve et délicatesse.
Avec un étonnement mêlé de timidité.
Aimer, cela peut être se regarder l’un l’autre, faire silence, rire aux éclats, frémir devant l’autre.
Aimer, cela peut être chanter, faire de hautes folies, inventer pour l’autre monts et merveilles, décrocher la lune et les étoiles.
Aimer, cela peut être aussi « faire l’amour ». Mais cela ne constitue pas un aboutissement : c’est un mode, et le plus courant, d’aimer.
La relation amoureuse se situera volontiers, voire d’emblée, sur le registre du plaisir – plaisir de voir l’autre, de l’entendre, de le toucher.
On s’impatiente et on s’agite beaucoup.
L’amour, lui, a tant de gravité qu’il ne saurait se précipiter : il prend tout son temps pour approcher l’autre, pour le découvrir sans le blesser ; pour que les âmes, très finement, commencent à se caresser.

* L’amour ne fait pas de cadeaux.
Il dénude, transperce, exige.
L’amour est une puissance, non un mol oreiller.
L’amour n’a rien de mièvre, de lénifiant.
Il pousse à s’aventurer toujours plus loin, il décuple l’énergie, l’intelligence et l’imagination de l’homme.
C’est une puissance d’outrance, pourrait-on dire, qui fait franchir les limites de l’ordinaire, de l’inespéré aussi.

L’amour est une fureur magnifique qui fait passer outre.
Au-delà du monde sensible, de la pensée courante.
Par peur, non par vertu, la plupart des hommes s’emploient à la prudence et à la modération. Redoutant les pics et les abîmes, de l’amour il ne connaîtront jamais qu’une vague tendresse, une affection rassurante.
Mais en ceux qui ne se dérobent point à la haute folie, l’amour développe « une héroïque ardeur de l’âme, une émulation de vertus et de grandeur ».

Pour aimer, il faut congédier ses peurs, ses hésitations.
Pour connaître l’amour, il faut délaisser tout ce qui n’est pas quête de l’amour.

L’amour ne souffre aucun partage, aucun marchandage.
Celui qui s’aventure en amour doit savoir qu’il ne pourra plus revenir en arrière, qu’il n’aura aucune garantie, et qu’il évoluera sans filet : il se maintiendra ou se fracassera.
L’amour rend fou, non pas idiot.
Il octroie toutes les audaces et les plus hautes inspirations.
Celui qui, une fois pour toutes s’est livré à l’amour passera pour furieux, pour extravagant aux yeux des autres.
Désormais, entre lui et les autres il n’est plus de repères communs : on ne mesure pas l’éternité à l’aune du temps, et l’océan ne saurait habiter un flacon.


* Il n’y a pas d’amour malheureux.
L’amour en soi n’a rien de funeste, de dévastateur. Il est toujours puissance bénéfique, joyeuse, créatrice.
La douleur, les tourments viennent des déformations et des réductions que l’homme fait subir à l’amour, l’identification à une possession, à une réussite, à une satisfaction…

Le jour où nous parviendrons à déraciner en nous l’équation amour = souffrance, nous deviendrons proches des dieux.
Ce sera une totale mutation de l’individu.

Il n’y a pas de chagrins d’amour.
Ce sont des chagrins de non-amour : par ce que l’amour a été refusé, dénaturé, méprisé ; ou par ce que l’on ne sait pas aimer, par ce que l’on appelle amour ce qui est volonté d’emprise ou besoin de sécurité.
Un homme (une femme) peut décevoir, mentir, causer de la douleur.
Mais l’amour ne fait jamais mal et ne déçoit jamais. Il ne peut non plus être déçu puisqu’il aime sans « attendre de paiement ».
Aimer – est-ce étrange de devoir rappeler cette vérité ? – aimer c’est vouloir du bien à l’autre.
Ce n’est pas, comme dans tant d’histoires médiocres et passionnelles, tracasser ou attrister l’autre, lui peser, lui faire du mal.
 
Aimer quelqu’un revient à le rendre joyeux, libre et créateur.
Ce qui est tragique, dans l’amour, c’est la superficialité de ceux qui disent aimer.
Ils se consolent facilement, ils oublient si vite. Ou ils entreprennent de « faire leur deuil ».
Comme si l’on pouvait s’en remettre.
Comme si l’on pouvait refermer les sources – les blessures – de l’amour.
Les soufis assurent : « L’amour ne veut pas être consolé ».

Si l’on savait aimer, on ne subsisterait guère sur cette terre.
Je crois que l’on tomberait en cendres.

On mourrait dans un baiser de Dieu.
On rejoindrait d’un coup le ciel étoilé.
Etre fidèle à l’amour revient à ne jamais reprendre la parole donnée.
Quand on donne son amour, si tant est que l’amour vous appartienne, c’est pour toujours. On ne doit jamais le renier, même si l’autre trahit, disparaît.

Le plus beau cadeau qu’un être puisse faire : après lui (à la fin de l’histoire, après la mort même), donner à l’autre le goût d’aimer encore, d’aimer à nouveau.
S’enfermer dans la tristesse, se réfugier dans la nostalgie, dire que l’on aimera plus jamais : ces attitudes sont autant d’affronts envers l’amour qui est la vie même et ne demande qu’à poursuivre, à renaître.
Aimer quelqu’un, c’est lui communiquer cette soif d’aimer qui peut se passer de vous, qui doit continuer après vous.
Là se trouve la véritable fidélité.

Le plus bel hommage que l’on puisse rendre à l’être aimé :
« De vous, quoi qu’il arrive, j’aimerais garder la saveur d’aimer, l’envie d’aimer encore….


Extraits du livre Propositions d'amour de Jacqueline Kellen





                                      




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" C'est notre esprit et lui seul,
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