ÊTRE et voir autrement
RUBRIQUES  
  ACCUEIL
  QUI JE SUIS ?
  CE QUE JE PROPOSE
  CITATIONS
  HISTOIRES ET TEXTES
  CONSEILS PRATIQUES
  PARTAGES DE VIE
  SUR LE FEMININ
  AU COEUR DU CORPS
  SUR L'ÊTRE
  VOYANCE ET MEDIUMNITE
  SITES
  LIVRES ET EXTRAITS
  VIDEOS
  ART, HUMOUR ET ILLUSIONS
  SANTE ET ALIMENTATION
  => Alimentation et conscience
  => Aliments et énergie
  => Vegetarisme
  => En harmonie avec la lune
  => Remèdes santé - beauté
  Newsletter
  Livre d'Or
Alimentation et conscience



   Quoi de mieux pour illustrer cette rubrique,
    que l'interview de Joel Acremant, 
cuisinier d'éveil


   
Se nourrir aujourd'hui 
Joel Acremant





L'expérience d'un "mangeur"

Depuis longtemps, Joël Acremant a choisi son camp, celui d'une alimentation saine lui permettant d'être pleinement en accord avec sa démarche spirituelle. Mais cette volonté d'éveil n'est pas partagée par tout le monde, même dans son propre camp. Il nous confie quelques unes des convictions auxquelles il doit d'être reconnu et respecté dans sa profession de cuisinier, conférencier et animateur de stages. 



Comment peut-on changer nos habitudes et nos croyances alimentaires néfastes ?

Il me semble que cela ne peut pas se faire sans une certaine rééducation sensorielle et conceptuelle qui se trouve facilitée par une alimentation plus végétale, capable d'affiner "l'instrument" que nous possédons. À partir de là, une conscience de l'alimentation peut survenir. Pour la plupart de nos contemporains, je ne crois pas que cela puisse se faire sans passer par une phase de véritable rééducation, librement choisie. Bien entendu, c'est aussi une question d'envie, envie de retrouver son sens de la nourriture. Dans mes stages, je fais plusieurs expériences de goût qui vont dans cette direction. La démarche anthroposophique dont je m'inspire me permet de concevoir l'alimentation saine comme indissociable de la vie de l'âme. Autrement dit, il s'agit de faire en sorte que chacun puisse choisir une nourriture qui ne contrarie pas sa vie de l'âme. C'est vraiment le point central.


Quels sont les critères d'un repas réussi ? 

C'est l'état intérieur dans lequel on se trouve après le repas. On ne peut pas limiter la valeur d'un repas, si bon soit-il, au seul moment du repas. En d'autres termes, comment se sent-on au sortir de table ? Est-on intact intérieurement ou handicapé par des lourdeurs ou une certaine ivresse ? C'est ce que j'appelle influer ou non sur la vie de l'âme. Les dispositions intérieures qu'on avait avant le repas sont-elles les mêmes après ? Le repas a-t-il pu encourager ou entraver certaines dispositions ? En fait, c'est tout simple. Je ne trouve pas un repas réussi quand on a envie de le finir dans le canapé. Les repas réussis, joyeux, gourmands et colorés qui vous laissent intacts dans votre vie intérieure sont des repas davantage portés sur les légumes, les céréales que sur les viandes, les œufs et les produits qui, par nature, sont beaucoup plus alourdissants. A chacun de choisir d'aller vers la pesanteur ou la légèreté et dans ce choix, l'être humain est libre. Mais l'alimentation entre pour une bonne part dans cette double orientation.


Avez-vous identifié l'origine des déviances alimentaires dont nous subissons maintenant les contrecoups ? 

Je dirai que les individus ont avant tout peur de s'ouvrir au spirituel ; ils vont donc choisir une nourriture qui va les alourdir. Une personne qui ne craint pas de s'ouvrir au spirituel, osera prendre une nourriture considérée comme allégeante. Vous prenez une personne ordinaire, vous la soumettez à une cure de fruits et de légumes, vous verrez à quel point certaines alimentations sont puissamment spiritualisantes. À contrario, le fait de les refuser montre que certaines personnes, pour des raisons dont on n'a pas à juger, craignent cet allégement car cela les place dans une relation au monde beaucoup plus fine. Oui, une personne peut se "spiritualiser" par un régime alimentaire, chacun peut l'expérimenter.


Peut-on repérer les étapes d'éveil spirituel ou de densification à travers le changement d'alimentation ?
 
Si on menait une étude approfondie, on verrait que l'alimentation de l'individu est, en général, en adéquation avec sa vie intérieure ; j'en suis persuadé. Si on affinait vraiment l'histoire intérieure des individus et si l'on mettait en parallèle les consommations alimentaires, on serait troublé de voir que les individus, sans en avoir conscience, cherchent dans la nourriture, par leurs choix alimentaires, l'état de pesanteur ou de légèreté qu'ils souhaitent au plus profond d'eux-mêmes. Dans les époques plus matérialistes comme actuellement, il est évident que l'on fait, dans les pays riches, un choix de nourriture beaucoup plus "plombant", si je puis dire. On mange par exemple beaucoup trop de protéines ! Rudolf Steiner (1) signalait la pomme de terre comme étant un aliment qui contrarie, d'une certaine façon, la pensée créatrice, pour le dire brièvement. A quel moment a-t-on le plus mangé de pommes de terre ? C'était au début de l'ère industrielle. Maintenant on en mange beaucoup moins.


Quels sont les freins intérieurs qui empêchent d'aller vers une vraie conscience de la nourriture ?

Comme je le disais, il y a la peur du spirituel ; c'est le premier handicap rencontré dans un cadre de rééducation. Je le dis sans aucun jugement parce que je l'ai pleinement vécu. Je me suis demandé pourquoi mes frères et mes sœurs sur terre pouvaient s'obscurcir la conscience systématiquement jour après jour. Et je ne veux pas faire comme mes confrères en diététique qui passent leur temps à sermonner les gens en conférence en leur disant de se désintoxiquer. Si l'on veut avoir une attitude spirituellement noble, tolérante, etc., il faut comprendre. Je pense que les gens ont certains régimes particuliers qui correspondent à leur position vis-à-vis du monde spirituel. Le second handicap, c'est évidemment le poids du passé. Vous avez des gens qui ne sont pas doués pour des raisons d'éducation, parce qu'ils sont " dans leur tête " avec tout ce qu'ils ont appris. Ils ont très peu de " ressenti " dans la conscience de la nourriture. Par contre, d'autres sont extraordinairement doués. Il suffit de faire des tests de goût. On peut l'expliquer en observant certaines constitutions particulières ou, pour le dire autrement, certains tempéraments. Quelques-uns ont une relation de grande sympathie avec leur ventre !


N'y a-t-il pas un certain ostracisme de la part des différents courants de l'alimentation saine ?

J'ai 52 ans et j'ai donc eu le temps de me mettre en colère, d'ouvrir les yeux et de conquérir mes certitudes. J'ai été effrayé jusqu'à la nausée de la manière dont certains de mes collègues travaillaient en diététique en considérant les gens comme du bétail à manipuler, en donnant des indications alimentaires sans jamais parler de la vie de l'âme. J'ai rencontré un tas de personnes faisant des discours uniquement corporels et ces gens-là sont, d'un point de vue spirituel, des assassins. Si vous prenez quelqu'un dans la rue et que, par un discours habile, vous le faites changer de nourriture, et si par ailleurs vous ne l'informez pas des changements qui vont s'opérer dans sa vie de l'âme, vous faites une grave erreur. Donc, je ne peux trouver crédible que les mouvements d'alimentation saine qui considèrent l'individu au-delà du corps. C'est pourquoi, à la longue, je me suis inscrit en faux contre ces mouvements qui sont plus matérialistes que les autres. Ils vous parlent continuellement de vous désintoxiquer les cellules, etc. et pas un mot de l'évolution, de la " prise en main " de votre vie spirituelle. J'ai connu bien des gens déréglés parce qu'ils avaient limité leur discipline à un changement de régime. Je parle de macrobiotique et de beaucoup de mouvements, là où les gens vont à l'extrême dans le régime sans prendre en compte les modifications de la vie de leur âme. Ceux là sont trop souvent devenus des malades nerveux, des hystériques, des fanatiques. L'hygiène du corps ne peut se justifier sans une hygiène active de l'âme.


Certaines personnes pensent qu'il est possible de tout transmuter, qu'importe ce qu'on mange, que seule l'attitude compte.

A mon avis, c'est un péché d'orgueil. Il y a autre chose à faire dans l'existence que de penser à transmuter un mauvais repas. Il y a plein de choses à transmuter et je préfère garder mon énergie. Nous ne sommes pas des yogis de foire !... On peut transmuter ses repas, bien entendu mais encore une fois, on ne peut les transmuter que jusqu'à un certain point.


Pourquoi tant de courants différents, pour ne pas dire opposés, dans le domaine de l'alimentation ?

L'explication est simple : les individus sont tous différents et s'ils ne veulent pas aller dans une recherche du " Connais-toi toi-même ", ils se rattachent à des groupes ! Finalement il devrait y avoir autant de groupes qu'on trouve d'individus. Il y a dans l'alimentation saine - tous mouvements confondus - un certain nombre de principes qui sont hautement recommandables et sur lesquels nous sommes tous d'accord, comme la consommation des huiles vierges, des céréales bises, des légumes et des fruits bio, etc.. Quant à la manière de les conjuguer et de faire son équilibre, c'est autre choses. L'un se portera bien en prenant plus de graisse, l'autre plus de céréales, l'autre encore plus de crudités. Là on touche à l'individualité humaine. Il est temps que l'individu se débarrasse de ces courants et de ces insignes pour devenir un "mangeur libre", conjuguant pour son cas unique, personnel, les données générales de l'alimentation saine.


Que vous inspire notre époque avec les hormones, la dioxine, la vache folle, etc. ?

Je pense que la maladie matérialiste touche lentement à son terme. On peut voir cela comme une catastrophe ou comme un formidable défi au discernement humain. Maintenant que nous avons cela devant les yeux, nous allons enfin nous éveiller et faire de bon choix. Jean Marie Pelt dit par exemple que l'agriculture du futur sera transgénique ou bio. En fait, si l'on regarde l'évolution de l'agriculture - chimique, transgénique, etc. - elle est complètement cohérente dans son matérialisme. Ce qui a été fait par Rudolf Steiner dans le domaine du bio avec la biodynamie, est logique aussi mais dans les forces de vie. Elle est logique au point de vue d'une véritable médecine de la terre. On peut se désespérer à juste titre en disant que le monde est devenu fou. Personnellement, certains jours, c'est ce que je me dis. On peut aussi se dire que c'est une formidable incitation à nous réveiller intérieurement, à devenir libre pour faire les bons choix.


Quels sont les premiers repères que vous donnez dans vos formations ?

C'est une question un peu délicate mais une des expériences majeures dans mon travail, c'est l'expérience des quatre goûts : salé, amer, acide et sucré. Je soumets les personnes qui veulent faire un certain travail à ces quatre goûts et je demande de définir, d'expliquer, de verbaliser leurs effets sur elles. Cette expérience méditative de goût est un moment crucial qui révèle où la personne en est vraiment. Je fais donc participer aussi, je dirai, l'intellect des gens car le sensitif sans la conscience, ce n'est pas un sensitif humain.


Dans l'un de vos articles, vous écrivez que "manger est un acte rythmique d'incarnation".

S'agit-il des trois moments que sont le matin, le midi et le soir ? Tout à fait. J'ai eu une vie assez décousue dans la mesure où j'étais dans la restauration. Ce n'est que vers 40 ans que j'ai reconnu pleinement les bienfaits des heures régulières "sans horaire" ! La journée est rythmée par des heures de repas. Et quand on y est attentif et qu'on laisse venir la faim entre les repas, on voit très bien cet extraordinaire mécanisme à la fois spirituel et corporel qui fait que l'on passe par des phases d'allégement puis d'alourdissement. Cela permet de voir la nourriture autrement. Et puis, cheminant, on comprend que l'on est différent des autres, donc on apprend à reconnaître que les autres sont différents de soi, c'est l'apprentissage de la tolérance. À table, on retrouve une fraternité véritable et c'est par la connaissance et la conscience que l'on peut alors revivre une nouvelle Cène, au sens christique, c'est-à-dire retrouver à table une humanité heureuse de partager et de remercier le créateur pour tous ses bienfaits. 


(1) Rudolph Steiner (1861-1925)


Joël Acremant, marié, trois enfants, a travaillé pendant une dizaine d'années en restauration d'alimentation saine.
Depuis 1988, il est chef de cuisine dans une école pédagogique R. Steiner de la région parisienne.
Il collabore à plusieurs revues, dont Biodynamis et L'esprit du temps.
L'auteur prépare un ouvrage, " Vers une conscience de l'alimentation ".
Pour ses stages, contactez-le : 2, quai Jean Mermoz, 78400 Chatou. Tél. 01 30 53 29 42


A MEDITER . . . ou pas !  
 

" C'est notre esprit et lui seul,
qui nous enchaîne ou nous libère "
(DK Rinpoché)


" Ton seul libérateur, c'est toi ! "
(Wilhelm Reich)


" Notre RDV avec la vie se produit dans l'instant présent, qu'est ce qui nous empêche d'être heureux tout de suite? "
(Thich Nhat Hanh)


" Le monde d'aujourd'hui a créé des problèmes qui ne pourront pas être résolus, en pensant de la même façon que lorsqu'ils ont été créés "
(Albert Einstein)


" Le pessimisme m'ennuie à mourir, il croit si bêtement que ce qui a été, va se répéter "
(Christiane Singer)


" Vous ne savez pas à quel point vous ne savez pas ce que vous ne savez pas "
(Rabbi Nahman)


" Il semblerait que nous ne cherchions pas pour trouver, mais pour chercher, et celui qui cherche est celui qui doit disparaître "
(Ramana Maharshi)



 
------------- 27242 Visiteurs ------------ . . . . . MERCI DE VOTRE VISITE . . . . --------- Site créé en avril 2009 --------